--> Télétravail : comment trouver l’équilibre parfait ?

Télétravail (partie 2) : comment trouver l’équilibre parfait ?

Télétravail : où en est-on aujourd’hui ?

Cette article fait suite à l’article « Télétravail : où en est-on aujourd’hui ? ».

Si elle semble aujourd’hui incontournable, la pratique du télétravail reste un phénomène assez récent en France. ​En 2017, seuls 3% des salariés français télétravaillaient au moins une fois par semaine(1).​ Propulsé par la crise sanitaire que nous traversons, le télétravail apporte autant d’avantages que de défis. Comment apprivoiser ce mode de travail nouveau, et en tirer le meilleur ?

Télétravail, un véritable atout

Définition

Télévision, presse, réseaux sociaux… On parle beaucoup du télétravail depuis le confinement, mais connait-on vraiment sa définition ? Par “télétravail”, on parle du travail qui aurait pu être fait au bureau, et qui est réalisé dans un lieu différent : il peut s’agir du domicile de l’employé, ou d’un lieu tiers, comme un café ou un espace de coworking. Cette pratique est permise grâce à ​l’utilisation d’outils numériques​. Sans surprise, elle ne concerne donc qu’un tiers des Français, majoritairement les cadres : 61% des télétravailleurs sont des cadres, toujours selon le Ministère du Travail.

Une hausse du télétravail en France ?

Si la hausse du télétravail a été indéniable en France en 2020 (​27% des employés français ont travaillé exclusivement en télétravail​, pendant la période du confinement), son usage est délicat à quantifier. Le télétravail serait, en réalité, sous-évalué, car souvent réalisé de façon informelle. C’est ce qu’explique Lætitia Vitaud dans son article pour l’Institut Montaigne (2)

Aujourd’hui, malgré une crise sanitaire persistante, la pratique du télétravail serait passée à ​15%​, selon un ​sondage Yougov​. La ​Citymapper Mobility Index​ révèle d’ailleurs que Paris et Lyon font partie des villes les plus mobiles du monde à l’heure actuelle : autrement dit, leurs habitants s’y déplacent comme d’ordinaire – ou presque. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette frilosité française à l’égard du télétravail : culture du présentéisme, management méfiant, réel besoin​ ​de partager des moments entre collègues​… Notons que la France a mis en place pendant plusieurs mois un confinement particulièrement strict. Il peut sembler légitime que les salariés français soient aujourd’hui en quête de lien social et de convivialité.

Télétravail, des avantages reconnus

Pourtant, si l’usage du télétravail peine à se démocratiser en profondeur, ses atouts ne sont plus à prouver. Parmi ses avantages principaux, on note la ​diminution des temps de transport​ (et le stress qui en découle) ainsi qu’​un gain de productivité​. En effet, s’il est réalisé dans de bonnes conditions, le télétravail permet aux employés de se concentrer davantage ​(les pauses-café, interruptions diverses ainsi que les espaces de travail bruyants étant alors supprimés). Selon une étude Malakoff Médéric (3)​ , 9 télétravailleurs sur 10 estiment gagner en efficacité. Leur productivité, quant à elle, augmenterait de 22%.

Côté employeur, les avantages ne sont pas en reste ! Le télétravail permet par exemple de ​réduire certaines charges​ substantielles, comme le loyer. Avec moins de salariés présents simultanément dans les locaux, l’employeur peut opter pour des bureaux aux surfaces plus petites. Il importera alors de revoir l’organisation interne de l’entreprise, en ré-aménageant ses espaces et en privilégiant l’usage des bureaux nomades (ou​ “flex desk”​ en anglais), un système qui supprime les places attitrées au sein des bureaux. Adopter le télétravail permet également à une entreprise d’​améliorer sa marque employeur, ​en offrant à ses employés plus de flexibilité et d’autonomie.

Quelles sont les limites du télétravail ?

Le télétravail apporte donc son lot d’avantages. Doit-on, pour autant, le pratiquer sans modération ? Rien n’est moins sûr. Utilisée de façon abusive, cette pratique comporterait, à terme, de nombreuses limites, voire dangers.

Les premiers risques en cause ? Le ​désengagement des collaborateurs​ et ​leur perte de lien social​, pouvant résulter d’une pratique du télétravail répétée. ​“L’homme est un animal social”,​ nous soufflait Aristote. Rien de tel que des échanges informels et des moments partagés pour stimuler l’esprit collectif de vos équipes ! Or, selon un sondage IPSOS​ (4) 44% des salariés jugent que le télétravail est susceptible de limiter les relations entre collègues.

Côté santé, une pratique répétée du télétravail ​favoriserait, sur le long terme, la sédentarité​, ennemi n°1 d’une bonne hygiène de vie. À elle seule, celle-ci augmenterait toutes les causes de mortalité, les risques de maladies cardiovasculaires, le diabète, ainsi que certains cancers et dépressions.

Aussi, on pense, à tort, que le télétravail améliore l’équilibre vie pro/vie perso (en permettant aux parents de faire plus d’activités avec leur famille par exemple). En réalité, le ​télétravail aurait plutôt tendance à augmenter le présentéisme​. Selon des chiffres de l’INSEE​, certains télétravailleurs intensifs travailleraient deux fois plus que les non-télétravailleurs (jusqu’à 50 h par semaine pour certains). S’il n’est pas effectué dans une entreprise où règne la confiance, ​le télétravail peut, aussi, rimer avec espionnage et harcèlement virtuel.

Télétravail, trouver le juste équilibre

Questionnez vos équipes

Mais alors, comment trouver le juste milieu permettant de profiter des avantages du télétravail sans pâtir de ses inconvénients ? À cette question, il n’existe point de réponse miracle. Comme tous les sujets concernant le monde de l’entreprise, il vous faudra être ​à l’écoute de vos besoins et fidèle à votre culture d’entreprise.​ N’hésitez pas à sonder vos équipes ! Mesurez leurs besoins, leurs préférences et leur ressenti par rapport au télétravail, par le biais de questionnaires anonymes.

  • Comment vos équipes ont-elles vécu le confinement et le télétravail forcé ?
  • Le télétravail est-il pertinent pour votre entreprise et sa culture ?
  • Vos collaborateurs ont-ils des aspirations ou des besoins particuliers ?
  • Quel serait leur rythme idéal de télétravail, et pourquoi ?

Les réponses à ces questions vous permettront de définir des règles adaptées : instaurez un minimum et un maximum de jours destinés au télétravail. S’il n’existe pas de recette magique, on considère qu’un ​taux de télétravail idéal se situe autour de 30%​ – ce qui représente 1 à 2 jours de télétravail par semaine pour un collaborateur.

Veillez au bien-être de vos salariés

Il est de votre responsabilité, en tant qu’employeur, de veiller au confort et au bien-être de vos employés. C’est à vous de ​vous assurer que vos équipes effectuent leur télétravail dans de bonnes conditions​. Les frontières entre vie professionnelle et vie personnelle peuvent être poreuses lorsque le télétravail est effectué depuis chez soi. N’hésitez pas à investir dans des espaces de coworking pour permettre à vos employés de télétravailler dans un cadre inspirant. ​Un bon exemple à suivre : celui de Google​, qui paye des subventions à ses salariés pour leur permettre de financer leur mobilier de travail.

D’un point de vue strictement légal, par ailleurs, ​l’entreprise doit veiller à la santé et à la sécurité de ses collaborateurs​. Évitez, par exemple, d’encourager vos salariés à faire des heures supplémentaires lorsqu’ils télétravaillent, en respectant par exemple leurs heures de déconnexion. Pensez également à prévenir tout risque d’anxiété ou d’isolement en prenant des nouvelles régulièrement de vos collaborateurs et de leur moral.

Bien communiquer à distance

Avec les outils collaboratifs d’aujourd’hui (tels que ​Slack, Zoom, Teams, Notion, Trello…​ pour ne citer qu’eux), ​communiquer facilement avec ses collègues ​est à la portée de tous, toutes générations confondues. N’hésitez pas à vous servir de ces solutions précieuses pour stimuler l’esprit d’équipe de vos talents !

Veillez, en revanche, à utiliser ces outils avec parcimonie. Trop de notifications pourraient se révéler aussi anxiogènes qu’un open-space trop bruyant. Aussi, évitez d’accumuler les réunions si celles-ci ne sont pas absolument nécessaires. ​En visioconférence, une réunion demande des efforts visuels accrus​. En effet, le contact s’y fait essentiellement par le regard, et non plus par la communication non-verbale que l’on peut témoigner au bureau. Accumuler les réunions créerait ainsi une “​surcharge collaborative​” (également nommée “​Zoom fatigue”​ par la Harvard Business Review​ (6) chez les employés.

L’efficacité de ces outils de communication est d’ailleurs à nuancer. Selon une étude de l’OCDE​ (7) portant sur le télétravail, ​« les réunions en face-à-face sont propices à une communication plus performante que ne le sont d’autres formes d’échange à distance tels que le courrier électronique, le chat ou le téléphone ».

Qu’en est-il des employés juniors ou des nouvelles recrues, qui nécessitent de l’encadrement ?

Autre problème majeur du télétravail : ​il n’est pas tout à fait compatible avec la formation et le partage des connaissances​. Or, les profils juniors ont besoin de se nourrir de l’expérience de leurs collègues chevronnés pour développer une expertise et saisir le produit/service de l’entreprise.

Cette idée est notamment appuyée par l’étude de l’OCDE, selon laquelle « ​le télétravail pourrait ralentir le processus d’acquisition de compétences par la pratique ».​

Invitez donc vos jeunes employés ainsi que vos nouvelles recrues à préférer le présentiel au télétravail, durant leurs premiers mois au sein de vos équipes !

Qu’en est-il du recrutement à l’ère du télétravail ?

Au-delà de la simple vie en entreprise, ​le télétravail a également modifié les processus de recrutement​. En guise de premier contact, les entretiens par visioconférence sont privilégiés. Si ces derniers peuvent augmenter le stress de certains candidats (8), ils restent un moyen de mener des entretiens plus courts et plus efficaces.

Durant vos entretiens, pensez-bien à ​examiner le savoir-être des candidats​. Les qualités que vous recherchiez hier sont-elles nécessaires aujourd’hui ? Examinez le rapport du candidat au télétravail et son autonomie. Sera-t-il à même de s’adapter rapidement à votre entreprise, si un scénario de télétravail généralisé devait se reproduire ? Est-il assez opérationnel pour réaliser un ​onboarding​ réussi, même à distance ? Saisit-il les enjeux soulevés par cette crise sanitaire vis-à-vis de votre entreprise ?

En posant les bonnes questions, vous choisirez le candidat idéal qui s’adaptera à votre organisation aisément, même dans une période agitée.

Notre plateforme de recrutement Jobaffinity vous permettra de faciliter le recrutement en période télétravail. En plus du module de discussion intégré, vous pouvez proposer des entretiens en vidéo.

(1) Source : ​le ministère du Travail

​(2) Ce qui se cache derrière les chiffres du télétravail en France

​(3) Étude annuelle Télétravail 2020 ​Télétravail : les Français adhèrent !

(4) Télétravail : les Français adhèrent !

​(5) Le télétravail permet-il d’améliorer les conditions de travail des cadres ?(6) How to Combat Zoom Fatigue
​(7) Effets positifs potentiels du télétravail à l’ère post-COVID-19
(8) Source : ​Challenges